
Une douche italienne se pose de plain-pied, sans bac ni marche, sur un sol carrelé qui descend en pente douce vers un siphon ou un caniveau. Aucun receveur ne retient l’eau, de sorte que seul le système d’étanchéité appliqué sous le carrelage l’empêche d’atteindre le support. En rénovation, l’installation d’une douche italienne se fait la plupart du temps à la place d’une baignoire ou d’un ancien bac, dans une salle de bain dont le plancher et l’évacuation n’ont pas été prévus pour ce type de douche. Seule une visite technique permet de savoir si le projet est réalisable, avec quel système et pour quel budget.
Peut-on installer une douche italienne partout ?
Nous commençons par mesurer la hauteur disponible entre le sol fini et la dalle ou le plancher porteur, à l’emplacement prévu pour la douche. Un receveur à carreler atteint environ 7 cm d’épaisseur avec sa colle et son carrelage, et il faut y ajouter le siphon et son raccordement, soit un décaissement de 10 à 15 cm selon le modèle. Un receveur extra-plat demande moins de profondeur, et quand la hauteur manque, nous pouvons surélever la douche d’une marche de quelques centimètres en gardant un sol carrelé continu.
Le tuyau qui relie le siphon à la chute d’eaux usées doit descendre d’au moins 1 cm par mètre d’après le NF DTU 60.11. Un siphon placé à deux mètres de la chute se trouve donc au moins 2 cm plus haut que le raccordement, sans compter l’épaisseur du siphon lui-même. Quand une douche italienne remplace une baignoire, l’ancienne évacuation sert souvent de point de départ, à condition que son diamètre, sa pente et son état permettent de la réutiliser.
Sur un plancher en bois, fréquent dans les immeubles anciens, nous contrôlons l’état des solives, car un plancher qui fléchit fissure l’étanchéité et le carrelage qu’il porte. Un receveur à carreler ou des panneaux de construction, plus légers qu’une chape de pente maçonnée, conviennent mieux dans ce cas. Si le plancher doit être renforcé avant tout autre travail, le chiffrage change.
Dans un immeuble, une fuite sous le carrelage abîme le plafond du voisin du dessous, et les travaux qui touchent la dalle ou la colonne d’évacuation, qui sont des parties communes, exigent l’autorisation de l’assemblée générale. Vous devez donc interroger le syndic avant la signature du devis, pour savoir si votre projet entre dans ce cas.
Receveur extra-plat, kit à carreler ou sol maçonné, que choisir ?
Le receveur extra-plat, en résine, en céramique ou en acier émaillé, se pose sur le sol ou s’encastre de quelques centimètres dans la chape. Il demande peu de hauteur et peu de temps de chantier, mais les grands formats en matériau de synthèse coûtent cher.
Le bac d’un kit à carreler, le plus souvent en polystyrène extrudé, arrive avec sa pente et son siphon déjà prévus, se découpe aux dimensions de l’ancienne baignoire et reçoit ensuite l’étanchéité fournie par le fabricant, puis le carrelage. Nous le recommandons pour remplacer une baignoire, en particulier sur un plancher en bois, parce qu’il pèse peu et se pose sans chape de pente.
Un sol maçonné se construit sur place, avec une chape de pente coulée autour du siphon ou du caniveau, un système d’étanchéité liquide et le carrelage. Il s’adapte à toutes les formes et à toutes les dimensions, au prix d’une épaisseur plus importante, d’un séchage plus long et d’un poids que les planchers anciens ne supportent pas toujours.
Quelle pente et quel siphon prévoir ?
Le sol descend vers le point d’évacuation avec une pente d’au moins 1 %, soit 1 cm par mètre, et la fiche technique du système d’étanchéité peut imposer davantage. Nous visons plutôt entre 1,5 et 2 %, pour garder une marge face aux petits défauts de planéité et éviter que l’eau stagne sur les joints.
Un siphon central impose une pente dans quatre directions, donc des carreaux de petit format ou des coupes en biais. Un caniveau linéaire fixé contre un mur se contente d’une seule pente, accepte de grands carreaux et évacue un débit plus élevé, ce qui convient aux douches larges et aux colonnes à plusieurs jets.
Le siphon doit répondre à la norme NF EN 1253 et comporter une platine, la collerette sur laquelle se raccorde l’étanchéité. Il garde une hauteur d’eau de 50 mm au moins, la garde d’eau prévue par la norme NF EN 1253-1, qui retient les odeurs. Sa sortie se raccorde sur un tuyau de 40 ou 50 mm, le NF DTU 60.11 fixant 40 mm au minimum pour une douche.
En rénovation, quand la hauteur manque, il existe des siphons à garde d’eau réduite (NF EN 1253-6), qui retiennent moins bien les odeurs et que nous réservons aux cas sans autre solution. Un siphon inutilisé pendant plusieurs semaines perd son eau par évaporation, et un litre versé dans la grille rétablit la garde d’eau. Le panier ou la grille doit se démonter par le dessus pour retirer les cheveux sans toucher au carrelage.
Comment réaliser l’étanchéité d’une douche italienne ?
Un carrelage, sa colle et ses joints laissent passer l’eau vers le support, ce que rappellent le NF DTU 52.2 et le cahier 3567 du CSTB, et il faut donc rendre le support étanche avant la pose des carreaux. L’Agence Qualité Construction (AQC), qui analyse les sinistres du bâtiment, attribue les fuites de ces douches à une étanchéité absente ou inadaptée au sol, à un siphon mal choisi ou mal raccordé, ou à une pente trop faible pour évacuer l’eau.
Sous le carrelage, une résine appliquée en deux couches croisées sur un primaire d’accrochage forme un système d’étanchéité liquide, abrégé en SEL, et la fiche du fabricant fixe le temps de séchage à respecter entre les couches. Des bandes armées renforcent les angles et les jonctions entre le sol et les murs, une manchette entoure le siphon, et chaque traversée de paroi, comme une arrivée d’eau encastrée, reçoit son propre joint d’étanchéité.
Le relevé sur le pourtour de la douche atteint 10 cm au minimum au-dessus du carrelage fini. Quand il est impossible, à l’entrée d’une douche sans seuil ou devant une paroi en verre par exemple, l’étanchéité se prolonge sur 1 m au moins au-delà de la douche, et de préférence sur toute la surface de la pièce. Les murs de la zone de douche reçoivent la même protection, sans interruption sous la faïence, y compris sur les cloisons en plaques de plâtre.
Nous recommandons un essai de mise en eau avant de carreler, avec le siphon obturé et quelques centimètres d’eau maintenus sur le sol pendant 24 heures, et vous pouvez demander qu’il figure au devis.
Dans quel ordre se déroule l’installation ?
Un chantier de douche italienne en rénovation dure de trois à cinq jours de travail selon l’état de l’existant, et les interventions s’enchaînent dans cet ordre :
- Déposer la baignoire ou l’ancien receveur et les revêtements du sol et des murs de la zone de douche, puis contrôler l’état du support.
- Décaisser la chape ou préparer la surélévation, puis raccorder le siphon ou le caniveau à la chute d’eaux usées en respectant la pente du tuyau.
- Poser les arrivées d’eau chaude et froide et les boîtiers de robinetterie encastrés.
- Couler la chape de pente ou installer le receveur à carreler, puis contrôler la pente et la planéité au niveau.
- Appliquer l’étanchéité sur le sol et sur les murs de la zone de douche, avec les bandes, les manchettes et les relevés, en laissant sécher chaque couche.
- Réaliser l’essai de mise en eau.
- Poser le carrelage à la colle adaptée, avec un carreau antidérapant classé R10 ou R11, puis réaliser les joints.
- Installer la robinetterie et la paroi, puis contrôler l’évacuation en fonctionnement.
Le plombier réalise l’évacuation, les arrivées d’eau et la robinetterie, le carreleur pose en général l’étanchéité et le carrelage, et l’électricien intervient si l’éclairage ou une prise doit être déplacé, en respectant les volumes de sécurité de la norme NF C 15-100. L’AQC recommande de coordonner les travaux du plombier et du carreleur, puisque le raccord entre le siphon et l’étanchéité concerne leurs deux métiers.
Combien coûte une douche italienne et que doit contenir le devis ?
En rénovation, une douche italienne coûte le plus souvent entre 3 000 et 7 500 € TTC, fournitures et pose comprises. Le remplacement d’une baignoire se situe entre 3 000 et 5 500 €, contre 2 000 à 4 500 € pour la même douche en construction neuve. Le prix monte avec la dépose d’une baignoire en fonte, la reprise de l’évacuation, un plancher à renforcer, un étage sans ascenseur, une étanchéité prolongée sur toute la pièce ou un carrelage en grand format.
Fourchettes de prix par poste en 2026, en euros (indicatif)
| Poste | Fourchette |
| Receveur extra-plat | 300 à 1 600 € |
| Paroi vitrée | 300 à 1 000 € |
| Robinetterie ou colonne de douche | 250 à 1 500 € |
| Siphon et évacuation | 100 à 450 € |
| Étanchéité, fourniture et pose | 200 à 700 € |
| Carrelage, fourniture et pose | 500 à 2 500 € |
La TVA à 10 % s’applique aux travaux et aux fournitures facturés par l’entreprise dans un logement de plus de deux ans, alors que les fournitures que le client achète lui-même restent à 20 %. MaPrimeAdapt’, l’aide de l’Anah, finance en partie une douche de plain-pied pour les personnes âgées ou en situation de handicap, selon leurs ressources, et le dossier doit être déposé avant le début des travaux.
Le devis doit décrire le système d’étanchéité par sa marque et sa référence, le siphon ou le caniveau avec sa norme, la pente prévue, l’essai de mise en eau, la dépose et l’évacuation des gravats. Vous devez aussi demander à chaque entreprise son attestation d’assurance décennale en cours de validité et vérifier que ses activités déclarées comprennent la plomberie, le carrelage ou l’étanchéité, selon les travaux qui lui sont confiés.
Un chantier de douche italienne ne se chiffre pas à distance, puisque la hauteur disponible, l’état du plancher et la position de l’évacuation ne se constatent que sur place. Pour un projet d’installation ou de rénovation de douche italienne, nous proposons une visite technique préalable au devis, avec relevé des mesures et description du système d’étanchéité retenu.
